MAC AVOY, Président du Salon d'Automne et portraitiste des Grands Contemporains
(Picasso, Jean XXIII, Montherlant, Gide)
« Un jour il y aura la réconciliation. On s'apercevra
que les frères n'étaient pas ennemis, que les antagonismes étaient de
faux antagonismes, et notre époque déchirée apparaîtra à la postérité,
une et harmonieuse. Nos querelles esthétiques d'aujourd'hui paraîtront
aussi vaines que nous parait vaine la vide et fameuse querelle des Anciens
et des Modernes.
Garret est dans la bonne voie: ses recherches tendent
à trouver un langage que comprennent ceux qui s'estiment des étrangers;
à établir un vocabulaire plastique commun aux deux camps. Je suis convaincu
que là est la tâche des jeunes peintres. D'abord déconcertés par les apparences,
ne sachant qui croire, ils se ressaisissent. Garret prend sa place parmi
ceux qui ont gardé la tête sur les épaules, qui ne se sont pas laissés
berner, qui admirent où il faut admirer, qui ont une culture, qui ont
aimé Braque, fort bien compris Manessier, Bazaine, Vasarely, aussi bien
que Picasso, Chagall, ou Gromaire, qui maintenant pensent la peinture,
l'assument, et ont pour mission de la refaire une fois de plus.
Peintre d'abord, peintre né, Garret organise ses dons,
et ses larges surfaces de couleurs qui ont l'éclat du vitrail, sont serties
de volonté, comme les morceaux de verre sont sertis par le plomb. Le prétexte:
son sujet; et la réalité: la nature, sont entraînés, formes et rythmes,
paraissent et disparaissent, au gré du peintre, se soumettant à la réalité
peinture, à l'ordre imposé.
Le dessin, impérieux, sans fioritures, sans grâces
idiotes, lui aussi obéit à la dictée intérieure. C'est le meilleur dessin
qui soit. Oui, Garret possède la solide constitution mentale, les dons
robustes, la sensibilité dominée, la force que rien ne déroute, le souffle,
l'endurance, qui seront nécessaires aux peintres de demain. Je mise sur
son grand avenir.